Au Québec la Ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles vient de déposer le projet de loi 16, qui se propose d'encadrer
l'adaptation au sein de l'administration publique de la diversité religieuse.
En d'autres termes, ledit projet de loi pourrait admettre qu'un individu mâle puisse exiger de ne pas se faire servir par une femme, si sa religion décrit cette dernière comme inférieure ou
impure.
Clairement, ledit projet de loi sous le prétexte de la religion pourrait violer l'égalité entre les hommes et les femmes du Québec, et ce, sous le couvert de la Loi.
De surcroît, ledit projet de loi ferait tacitement du Québec, un ÉTAT RELIGIEUX en devenir.
Les femmes au Québec ont acquis le droit de voter aux élections provinciales qu'en 1940. Les femmes enceintes au Québec ont le droit d'enseigner que depuis 1960. Avant cette période elles étaient
considérées comme impures par la religion de l'époque, et elles devaient se cacher des élèves pour avoir commis le péché du sexe.
Présentement, le gouvernement du Québec s'apprête à démanteler une chapelle catholique logée dans le complexe G du gouvernement du Québec à Québec.
Le gouvernement du Québec a fait disparaître tous les symboles religieux catholiques de ses bâtiments. Certains vont même jusque devant les tribunaux pour faire retirer desdits lieux publics tout
symbole religieux catholique.
Et par la porte d'en arrière, le même gouvernement se prépare à introduire, sinon à accepter les symboles religieux de religions autres que catholique. Les votes des immigrants aux prochaines
élections provinciales du Québec ont-ils une telle importance pour le parti libéral du Québec, pour qu'il soit prêt à sacrifier ou tout du moins, à ébrécher l'égalité si fragile qui existe entre
les hommes et les femmes du Québec?
Le gouvernement libéral du Québec est-il prêt à déclencher une guerre de religion?
Je suis catholique pratiquant, mais je suis contre le fait qu'une religion puisse avoir une place dans notre société laïque. La religion doit se pratiquer dans les lieux du culte et à domicile.
Inutile de rappeler, que toutes les sociétés qui ont une religion d'état sont en état de guerre permanent, ou sous le joug de gouvernement despotique.
À titre de catholique, allons nous devoir challenger la libre pratique de notre religion devant les tribunaux, et ce jusqu'en Cours Suprême?
Si au nom de la pratique de la religion catholique, tous les catholiques du Québec revendiquaient le droit légitime de ne pas travailler le dimanche, jour du Seigneur? Si on refusait de passer
les examens de la fonction publique québécoise qui ont lieu le dimanche? Si on exigeait des lieus de prières au sein des différents bâtiments de l'État québécois? Si on exigeait à titre de
catholique de commencer son travail plus tard le matin pour pouvoir assister à la messe? Si on se promenait dans les corridors du parlement québécois crucifix au cou? Cela vaut bien une burqa ou
tout autre symbole religieux autre que catholique.
S'il advenait que le gouvernement du Québec adopte le projet de loi 16, nous devrons combattre avec toute la vigueur démocratique que nous connaissons au peuple québécois, et faire valoir nos
droits en tant que catholiques pratiquants.
On ne peut et on ne doit en aucun temps laisser un parti politique soit-il majoritaire, ruiner autant d'années de combat qu'ont mené les femmes et les hommes du Québec pour établir l'égalité
entre les hommes et les femmes de ce pays.
Le Québec n'a aucun accommodement à faire à l'encontre de quelque religion que se soit; puisque qu'aucune d'entre elle n'a le droit de citer au sein de notre société laïque, et que la liberté de
pratique est garanti par la Charte des droits et libertés. Le temps de l'évangélisation est révolu au Québec. Le droit de pratique accordé par la Charte ne garanti pas le
droit d'invasion de mon espace publique.
Je termine en citant un ex-ministre libéral fédéral devenu journaliste: "Si tu ne t'occupes pas de la politique, c'est elle qui s'occupera de toi".
Par DANIEL DAMPH
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